Vivian Akerib M.A.

Membre de l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ)

Traumatismes cranio-cérébraux

Les traumatismes cranio-cérébraux (TCC) surviennent pour diverses raisons, des blessures liées au sport (p. ex., commotions cérébrales) aux accidents de la route. L’incidence qu’un TCC peut avoir sur le fonctionnement cognitif, émotionnel et comportemental dépend de l’emplacement et de l’étendue des dommages. L’emplacement permet de déterminer les fonctions qui seront touchées. Par exemple, les dommages au côté gauche du cerveau peuvent impliquer des difficultés d’élocution et du contrôle moteur du côté droit du corps. L’étendue des dommages détermine la gravité de la perte de fonctionnement, le temps de récupération et si les déficits qui en résultent sont limités à quelques domaines de fonctionnement ou sont plus étendus. Avec des blessures plus graves, y compris celles où la perte de conscience a duré plus d’une très brève période, les déficits cognitifs sont susceptibles d’être plus graves.

Avec des lésions cérébrales légères, comme une commotion cérébrale subie pendant une compétition sportive, des déficits plus subtils auront une incidence sur le fonctionnement. Ces déficits subtils sont plus difficiles à détecter simplement en parlant à la personne. Les symptômes rapportés peuvent inclure la fatigue, l’irritabilité, des maux de tête, un changement de personnalité et des problèmes d’attention et de mémoire. L’objectif de l’évaluation neuropsychologique par rapport à un cas de TCC est d’élucider les changements qui se sont produits dans le fonctionnement, les services de l’école et de l’équipe de traitement qui peuvent être nécessaires pour améliorer le fonctionnement quotidien, suivre les progrès et modifier les services au besoin.
Pour les blessures liées au sport, le retour au jeu est un élément important de l’évaluation. Cela implique souvent l’administration de plusieurs mesures cognitives et émotionnelles pour déterminer si le fonctionnement de l’athlète est revenu à la ligne de base. Parmi les différents domaines évalués.

La réussite scolaire

Comme le terme l’indique, la réussite scolaire se réfère aux compétences requises pour qu’un étudiant réussisse. Trois domaines principaux sont évalués dans ce domaine : 1) la lecture (à la fois le décodage des sons des mots et aussi la compréhension de la prose ; 2) les mathématiques comprenant à la fois des calculs simples et le raisonnement de problèmes sous forme d’énoncés et 3) l’écriture.

Les fonctions exécutives font référence à une variété de processus qui ont pour rôle de guider, diriger et gérer le fonctionnement cognitif, émotionnel et comportemental (Gioia et al., 2000). Les processus peuvent être assimilés au chef de train ou au contremaître d’un chantier de construction dont le travail consiste à diriger et coordonner les activités des autres travailleurs, en veillant à ce qu’ils fonctionnent de manière intégrée. Les aspects des fonctions exécutives qui sont évalués au cours du processus d’évaluation comprennent la résolution de problèmes, la planification et l’organisation, la mémoire de travail et la flexibilité cognitive. Dans le rôle de l’apprentissage et de la mémoire se trouve la mémoire de travail qui se réfère à la capacité de garder des renseignements en tête pendant une brève période, pendant laquelle ces renseignements sont utilisés d’une certaine manière. Une fois que ces renseignements sont manipulés, ils sont soit transférés dans la mémoire à long terme, soit perdus parce qu’ils ne sont plus nécessaires.

La mémoire verbale et non verbale

La mémoire fait référence au processus par lequel nous encodons, stockons et récupérons des renseignements. Le codage fait référence au traitement des renseignements à stocker. Par exemple, vous pouvez encoder une liste de mots orthographiques en les révisant plusieurs fois. La répétition de ces renseignements conduit à la consolidation ou au renforcement de sa représentation pendant qu’ils sont stockés. Pour que les renseignements stockés en mémoire soient utiles, nous devons pouvoir les récupérer. L’importance de la mémoire pour notre fonctionnement en tant qu’êtres humains ne peut être sous-estimée. Tout, de se rappeler d’un rendez-vous chez le médecin jusqu’à répondre aux questions d’un test, nécessite une certaine fonction de mémoire. Il n’est donc pas surprenant qu’il s’agisse de l’un des principaux thèmes du processus d’évaluation.
Le fonctionnement de la mémoire est évalué au moyen d’une variété de techniques qui permettent au neuropsychologue de décomposer le processus en ses composantes. Ainsi, la mémoire des renseignements verbaux et visuels sera évaluée, de même que la capacité de se rappeler de renseignements immédiatement après leur présentation (p. ex., la mémoire de travail) et après un délai spécifié (mémoire à long terme). La mémoire explicite, qui implique se rappeler consciemment de renseignements, et la mémoire implicite, qui implique la capacité d’accomplir une tâche qui a été apprise précédemment (souvent appelée « mémoire procédurale ») sont également évaluées. Cela permet au neuropsychologue de discriminer lorsqu’une personne qui semble être « oublieuse » a des difficultés.

Les compétences d’attention et de concentration

Un aspect de l’attention qui est une source fréquente de préoccupation pour les adultes et les enfants qui viennent pour des évaluations neuropsychologiques concerne la capacité de rester concentré et centré sur la tâche. C’est ce qu’on appelle une « attention soutenue ». Les autres aspects de l’attention qui sont évalués comprennent l’attention divisée (la capacité de consacrer des ressources cognitives à plus d’une tâche à la fois et de terminer chacune correctement), la capacité d’initier ou d’inhiber des actions, basculant activement entre les tâches si nécessaire et la durée et la quantité d’énergie dont nous disposons pour accomplir une tâche.

La personnalité

La personnalité fait référence à l’amalgame de nos caractéristiques sous-jacentes, y compris le tempérament et les facteurs comportementaux, émotionnels et cognitifs que nous utilisons pour nous guider dans nos interactions avec notre environnement. Elle détermine comment nous transigeons avec les autres et les situations dans nos vies. Dans certains cas, les composantes de la personnalité, que ce soit par la génétique ou l’influence de l’environnement, se développent de telle manière qu’elles nous empêchent de fonctionner à un niveau plus efficace. Cela pourrait être dû à la présence de dépression, à la capacité de faire face au stress ou à des conflits interpersonnels. Au cours de l’évaluation, un certain nombre de techniques seront utilisées pour mieux comprendre si le personnage évalué gère bien ou mal les situations dans son environnement afin que des recommandations appropriées puissent être faites pour améliorer son fonctionnement.

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